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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 13:52

Après avoir constaté le dysfonctionnement des services publics marseillais, j'ai cherché à en comprendre les origines. Il m'a semblé que le clientélisme municipal mis en place par Simon Sabbiani, puis par Gaston Defferre et enfin par Jean Claude Gaudin pouvait expliquer une partie de ces dysfonctionnements. Voici mon travail de recherche sur une des composantes du clientélisme municipal : les relations avec le syndicat FO.

(Introduction de mon mémoire de Master 2 à l'EHESS Marseille : Recherche comparée en Histoire Sociologie et Anthropologie)
Pour plus d'informations contactez moi par mail pour obtenir l'intégralité de ce travail.

 

Les relations entre le syndicat FO des municipaux et la ville de Marseille de Gaston Defferre à Jean-Claude Gaudin.


La singularité de la situation marseillaise permet-elle de comprendre les conséquences d'une relation de dépendance entre une municipalité et un syndicat majoritaire sur le service rendu au public ?

 

 

 

Introduction

 

Sur le plan syndical, Marseille fait figure d'exception. En effet si le taux de syndicalisation en France est extrêmement faible : environ 8 % dans le privé et autour de 16 % dans la fonction publique, il est beaucoup plus élevé à Marseille.  Cette situation s’explique par la forte implantation du syndicat Force Ouvrière  dans la ville.  Au sein du personnel municipal, FO revendique plus de 50% d’adhérents . Ce même syndicat obtient  plus de 55% des voix aux élections professionnelles depuis plus d'un demi-siècle alors que le score national de FO aux élections professionnelles n’est que de 17%. L’implantation du syndicat FO est également manifeste au sein de l'Assistance Publique des Hôpitaux Marseillais (APHM),  de la Sécurité Sociale, du Service d'Assainissement de Marseille (SERAM), de la Société des Eaux Marseillaises (SEM) ou encore d’Airbus hélicoptère.
Enseignant dans les écoles primaires marseillaises depuis dix années, je côtoie à la fois les agents du service public municipal et les parents d’élèves avec lesquels je peux échanger concernant les dysfonctionnements du service public municipal notamment concernant la prise en charge de tous les temps périscolaires (cantine, garderie du matin et du soir, centre de loisirs et étude surveillée) . J’ai pu également constater que ces nombreux dysfonctionnements conduisent de nombreuses familles à se tourner vers les écoles privées.
Il me semblait que la présence manifeste et active du syndicat FO, très fortement représenté au sein de la ville aurait dû aller dans le sens de la défense du service public. Pourtant ces deux constats me sont apparus comme révélateurs d’une contradiction. C’est ce qui m’a conduit à interroger le lien entre la spécificité de la situation syndicale marseillaise et la faiblesse du service public municipal. Je retiens comme définition d’un service public une activité visant à satisfaire un besoin d’intérêt général et répondant à plusieurs principes : le principe d’égalité, le principe de continuité et le principe d’adaptation .
Pour comprendre la force du syndicat FO à Marseille, il faut d'abord resituer l'histoire de la Confédération Générale du Travail (CGT) et celle de la CGT-FO dans le contexte national de l'histoire syndicale française . Depuis sa création en 1948, ce syndicat se réfère à la charte d'Amiens de 1906  pour revendiquer son apolitisme . En effet « la raison d’être de cette confédération, née en 1947-1948 d’une scission de la CGT, trouve son origine dans le refus de la politisation du syndicalisme, entendue à l’époque comme la tutelle du Parti communiste sur la CGT» . Cette scission donne au syndicat Force Ouvrière une assise forte dans sa revendication d'indépendance à l'égard des partis politiques.
Pourtant à Marseille comme dans d'autres villes (Toulouse ou Lille par exemple ) les sections FO vont se rapprocher très fortement de la SFIO  en acceptant de fait une autre tutelle politique. Finalement, alors que le syndicat FO proclame son indépendance à l'égard des partis politiques ; il joue à Marseille un rôle éminemment politique en devenant un soutien électoral au profit de l'exécutif municipal. C’est ce qui va notamment permettre au syndicat d’obtenir des facilités de la part du maire concernant le fonctionnement syndical et des prérogatives concernant l’attribution des promotions ou le recrutement de certains agents. Cet échange de bons procédés entre le syndicat et le maire a souvent été qualifié de système clientéliste que nous entendrons ici comme l'octroi d'une faveur (attribution de promotion, avancement de carrière, recrutement, attribution d'une place en crèche ou d'un logement de fonction) en échange d’un vote et/ou d'un soutien électoral (distribution de tracts, collage d'affiche...).
Le sociologue Michel Peraldi et le journaliste Michel Samson ont consacré en 2005 un chapitre de leur ouvrage à l’étude des relations entretenues par la ville avec le syndicat FO . Ils ont qualifié ces relations de « liaisons dangereuses ». Je vais tenter d’interroger cette relation dix ans plus tard pour essayer d’en comprendre l’évolution et les répercussions sur la société marseillaise.  Je m'appuierai notamment sur la description du monde syndical faite par Pierre Godard et André Donzel en 2014 dans leur ouvrage Eboueurs de Marseille  et j'utiliserai les travaux comparatifs de Cesare Mattina  portant sur le clientélisme.
Afin d’élargir la réflexion, je tenterai de mettre en regard ces approches avec la réflexion de Pierre Rosanvallon  dans Un bon gouvernement proposant un mode de gouvernance et une forme de démocratie idéale.  
J’ai donc choisi d’inscrire ma recherche dans une perspective à la fois historique et sociologique afin d’expliquer la genèse de cette relation et d’en comprendre les conséquences sur la société marseillaise. Pour mener cette recherche, je me suis notamment appuyé sur les archives municipales, sur la presse quotidienne régionale et sur des entretiens individuels ou collectifs, afin d’établir un historique de ces relations.
J'ai mené une série d'entretiens avec des syndicalistes, et des élus :
Chez FO, j’ai rencontré Mme Josette Ventre (secrétaire générale de FO Territoriaux de 1992 à 2003), M. Elie-Claude Argy (secrétaire général de FO Territoriaux de 2003 à 2012), M. Patrice Ayache (secrétaire général adjoint FO CUMPM en poste actuellement), M. Patrick Casse (délégué du personnel FO à l'Alcazar et désormais conservateur à la BMVR de l'Alcazar).

J’ai également rencontré des élus de tous les bords politiques :
 M. Michel Pezet (secrétaire de la section du Parti Socialiste des Bouches du Rhône de 1986 à 1989), M. Philippe San-Marco (secrétaire général de la Ville de Marseille de 1978 à 1981), M. Renaud Muselier (premier adjoint au Maire de Marseille 1995 - 2008), M. Bruno Gilles (maire du quatrième et cinquième arrondissements depuis 1995), M. Eugène Caselli (président de la CUMPM 2008 – 2014), M. Patrick Mennucci (maire du premier et septième arrondissements de  2008 à 2014) et Mme Marie-Arlette Carlotti (députée et conseillère municipale).

Je me suis tourné également vers les observateurs extérieurs de ces relations en interrogeant les responsables des autres syndicats : M. Pierre Godard (représentant le SDU-FSU Ville de Marseille), M. Roger Aymard (secrétaire général du SDU-FSU CUMPM), Mme Jocelyne Cozzolino (secrétaire général UNSA Ville de Marseille), Mme Pascale Longhi et Mme Patricia Zuccharello (secrétaire générale et secrétaire générale adjointe de la CFE-CGC).

J'ai également consulté les archives du cabinet du maire fond W séries 991 recensant les comptes rendus des Comités Techniques Paritaires et des Commissions Autonomes Paritaires pour la période 1989-1996. (991 W 1) ainsi que le dossier 991 W 2 concernant la CGT de 1983 à 1994, le dossier 991 W 3 concernant FO de 1982 à 1994 et le dossier 991 W 4 concernant la CFDT de 1984 à 1994 nécessitant une dérogation pour la communicabilité. Le syndicat FO n'a pas souhaité communiquer ses documents aux archives départementales et n'a pas souhaité m'ouvrir l'accès à ses archives.

Enfin pour compléter cette etude j'ai réalisé des entretiens groupés avec des employées de la ville de Marseille (25 femmes, agents techniques dans les écoles, adhérentes ou non chez FO) et quelques employés à la propreté de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole.

A l’aide de ces travaux de recherche et de ces entretiens, je me suis demandé comment la mise en place d’une relation clientéliste entre la mairie et le syndicat Force Ouvrière est venue affaiblir la notion de service public à Marseille.

Je décrirai dans un premier temps comment Gaston Defferre s'est appuyé sur le syndicat FO pour affaiblir le parti communiste et la CGT à partir de 1953. Dans un deuxième temps j'expliquerai comment ces relations ont évolué durant une période transitoire sous les mandatures de Robert Vigouroux. Puis j'observerai le renouveau de la relation clientéliste durant les mandatures de Jean-Claude Gaudin. Je comparerai ensuite les gouvernances des deux grandes figures tutélaires de la ville (Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin). Enfin je tenterai de mettre en évidence les conséquences de cette relation étroite sur les services publics marseillais.

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 15:54

Le bilan sur la propreté est à partager avec la collectivité de commune qui est dirigée depuis 
avril 2008 par M. Caselli (PS).
Aux élections municipales de 2014 on espère donc que le fini parti s'appliquera pour M.Gaudin et M.Guérini.
On pourrait rajouter à ce bilan et à cette vidéo les pistes cyclables de 14 mètres  de long  comme ici
rue Albert-premier 13001 :
mini-piste cyclable
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